Le « data mining » : Le Big Brother informatique
Le « data mining », un moyen efficace pour contrer des attentats
Lutte antiterroriste : l'option du « Big Brother » informatique
Examiner des milliards d'informations pour empêcher un nouveau 11 septembre : c'est le but (le rêve ?) des adeptes du « data mining » («fouille de données»), technique informatique de pointe adaptée à la lutte antiterroriste.
On sait aujourd'hui que les États-Unis disposaient, dans le désordre, d'indices qui auraient pu donner l'alerte dans les semaines qui ont précédé les attaques contre l'Amérique en 2001.
Pour coordonner ces informations éparses, des centaines d'informaticiens travaillent maintenant, des deux côtés de l'Atlantique, au développement de logiciels d'avant-garde.
Pour « connecter les points », il faut d'abord disposer du maximum de données, puis, par la mise en oeuvre d'algorithmes complexes et de procédés d'intelligence artificielle, les rapprocher entre elles.
Le 28 août 2001, Mohammed Atta, chef présumé des kamikazes du 11 septembre, réserve deux billets d'avion aller simple Boston-Los Angeles depuis un accès Internet public chez Kinko's à Hollywood, en Floride.
Le lendemain, Hamza al-Ghamdi, saoudien lui aussi, inscrit dans une école de pilotage US, achète un aller simple Boston-Los Angeles pour le même jour, depuis le même Kinko's.
Le surlendemain, son frère Ahmed utilise la même carte de crédit pour régler une place en classe affaires sur le même vol. Sur les 19 pirates, six ont donné comme contact le numéro de téléphone de Mohammed Atta.
Autant de « drapeaux rouges » qui, s'ils avaient été repérés et reliés, auraient pu mettre la police sur leurs traces.
Aux États-Unis, les promoteurs du « data mining » font grand cas du témoignage de 2 officiers des renseignements de l'armée, qui assurent que grâce à un programme secret baptisé « Able Danger », qui croisait des millions de fichiers, ils avaient repéré Mohammed Atta au début de 2000, mais n'avaient pas transmis l'information.
Pour Thierry Vallaud, responsable du département « Analyse de données » chez Arvato Information Services, « nous ne sommes qu'au début de ce genre de système, mais ce n'est plus de la science-fiction (...) Les services secrets savent trianguler un certain nombre de fichiers pour tenter de détecter des choses. C'est opérationnel, même s'il est naturel qu'ils communiquent peu dessus ».
Aux États-Unis, et encore davantage en Europe occidentale, les violations massives des libertés publiques, rendues possibles par ce genre de système, freinent leur développement et posent des questions de fond.
Le Pentagone a ainsi dû renoncer en 2002, officiellement, à son programme « Total Information Awareness » après qu'il eut été révélé par la presse.
Mais l'Administration américaine a reconnu, en 2004, que 131 systèmes de « data mining » étaient utilisés par 52 agences fédérales.
